Le mot “trauma” évoque souvent un événement brutal et spectaculaire. Pourtant, de nombreux traumatismes sont invisibles, diffus, ou ancrés depuis l’enfance.
En tant que thérapeute à Strasbourg spécialisé dans l’accompagnement des traumas complexes, je reçois des personnes dont les blessures sont parfois anciennes, silencieuses, mais profondément impactantes.
Voici un tour d’horizon des principaux types de traumatismes psychiques.
Ce sont des traumatismes dits “choc”, provoqués par un événement unique et soudain.
Ils peuvent générer une peur intense, un sentiment d’impuissance ou une menace pour la vie.
Exemples :
• Accident de voiture
• Agression
• Attentat
• Catastrophe naturelle
• Annonce médicale brutale
Ces événements peuvent entraîner un état de stress post-traumatique (ESPT / PTSD).
Un accompagnement thérapeutique peut aider à intégrer le choc, apaiser les reviviscences et retrouver un sentiment de sécurité intérieure.
Ce type de traumatisme découle d’expositions répétées ou prolongées à une situation menaçante ou destructrice.
Ils sont souvent plus insidieux, car intégrés dans le quotidien.
Exemples :• Violences conjugales ou intrafamiliales
• Harcèlement (scolaire, professionnel)
• Inceste
• Maltraitance psychologique ou physique
Ces traumas fragilisent profondément l’estime de soi, la confiance dans les autres et la régulation émotionnelle. Ils nécessitent souvent un travail thérapeutique patient et en profondeur, pour permettre à la personne de se reconstruire.
Les traumatismes complexes sont issus d’expériences précoces et répétées, le plus souvent dés l’enfance. Ces traumatismes ne sont pas forcément spectaculaires, mais leur accumulation et leur impact sont majeurs.
Contrairement à un traumatisme dit « simple », qui survient à la suite d’un événement unique (accident, agression, catastrophe), le traumatisme complexe est lié à des situations de stress prolongé : maltraitance, abus sexuels, inceste, négligence affective, instabilité familiale, ou absence d’un lien sécurisant dans l’enfance.
Ces vécus laissent des empreintes profondes qui influencent le rapport à soi, aux autres et au monde.
S'ils ne laissent pas de traces visibles, ils habitent profondément le corps, le cœur, et les pensées.Vous pouvez éprouver :
• Un sentiment chronique de honte, d'insécurité ou de vide
• Une difficulté à faire confiance ou à poser des limites
• Une hypersensibilité émotionnelle ou, au contraire, un engourdissement
• Des comportements d’évitement, d’hyperadaptation ou de contrôle
• Des troubles somatiques (fatigue chronique, tensions, douleurs inexpliquées)
• Des troubles du comportement alimentaires
• Des troubles dissociatifs fréquents
• Des schémas répétitifs en lien avec des relations toxiques ou insatisfaisantes
• Un attachement insécure ou désorganisé
• Une anxiété diffuse, des crises de panique
• Un sentiment de honte ou d’incompréhension
• Un problèmes d’identité
• Des difficultés de régulation émotionnelle
Mon accompagnement thérapeutique s’appuie sur des approches intégratives comme le Brainspotting, pour aider à libérer la mémoire traumatique et retrouver un lien plus apaisé avec soi-même.
À Strasbourg, je vous accueille dans un cadre apaisant pour cheminer ensemble vers plus de compréhension et de sécurité intérieure. Vous n’avez pas à faire ce chemin seul·e.
Ces traumatismes surviennent dans les premières années de vie, au moment où l’enfant n’a pas encore les mots ni la structure psychique pour comprendre ce qui lui arrive.
Exemples :• Séparation précoce de la mère ou du parent principal
• Hospitalisation sans accompagnement
• Négligence émotionnelle
• Absence de soin, d’écoute ou de sécurité
Souvent invisibles, ces expériences précoces peuvent avoir un impact profond sur l’attachement, l’estime de soi et la capacité à réguler ses émotions. On parle parfois de “traumatismes précoces silencieux”.
Ce sont des blessures liées à des relations proches et ambivalentes, dans lesquelles la personne a à la fois besoin de l’autre… et peur de lui.
Exemples :• Amour intrusif ou conditionnel
• Manipulation affective
• Abandon émotionnel
• Discours contradictoires (“je t’aime” / “je te détruis”)
Ces expériences créent souvent des patterns relationnels douloureux à l’âge adulte, entre besoin d’amour et peur d’être rejeté·e ou contrôlé·e. Le travail thérapeutique peut permettre de distinguer le passé du présent, et de retrouver des repères internes stables.
On peut être traumatisé non pas par ce qu’on vit directement, mais par ce qu’on entend ou accompagne chez les autres.
Personnes concernées :• Thérapeutes
• Professionnels de santé
• Travailleurs sociaux
• Pompiers, policiers, journalistes…
Ce traumatisme secondaire peut générer une fatigue empathique, des troubles du sommeil, une forme d’usure émotionnelle. La supervision, la régulation émotionnelle et un espace d’écoute professionnel sont alors essentiels.
Vous vous reconnaissez dans l’un de ces vécus ? Vous portez des blessures anciennes, visibles ou invisibles ?
Je vous accueille à Strasbourg, dans un cadre bienveillant et sécurisant, pour explorer à votre rythme ce que vous avez traversé.
Il est possible de se reconnecter à ses ressources profondes, de libérer des mémoires traumatiques, et de retrouver un lien vivant avec soi-même.
Je propose une approche intégrative, douce et respectueuse du rythme de chacun·e.
Mon intention est d’offrir un espace de sécurité, dans lequel les blessures anciennes peuvent être reconnues, traversées et transformées.
J’utilise notamment le Brainspotting, une méthode thérapeutique puissante et non invasive qui permet de libérer les traces corporelles et émotionnelles du trauma, même celles que les mots n’arrivent pas à dire.
Nous avançons ensemble, pas à pas, vers une réappropriation de votre vécu, de vos choix, de votre capacité à vous relier aux autres, sans vous perdre.
Je vous accueille dans un cabinet chaleureux et confidentiel, à Strasbourg Neudorf, dans un cadre propice à l’apaisement.
Que vous traversiez une période de fragilité, un tournant de vie ou que vous ressentiez un appel profond à guérir ce qui entrave votre élan, vous êtes le ou la bienvenu·e.
Est-ce qu’on peut vraiment guérir d’un traumatisme complexe ?
Oui. La guérison est un processus, parfois long, mais elle est possible. Le travail thérapeutique permet peu à peu de transformer les empreintes du passé en ressources pour le présent.
Combien de temps dure un accompagnement ?
Cela dépend de votre histoire, de vos besoins, et de votre rythme. Le temps est un allié précieux dans ce type de cheminement.
Est-ce que vous proposez un premier rendez-vous pour faire connaissance ?
Oui, je propose un premier entretien sans engagement pour sentir si le cadre, l’approche et la rencontre vous conviennent.
Se soigner d’un traumatisme complexe, ce n’est pas “revenir en arrière”. C’est redevenir pleinement vivant·e ici et maintenant.
Si vous vous sentez concerné·e par ce que vous venez de lire, si vous ressentez un écho intérieur, n’hésitez pas à me contacter.
Je serai honorée de vous accompagner dans ce chemin de reconnexion à vous-même.
Marie est venue consulter après plusieurs années de crises d’angoisse soudaines, en apparence sans déclencheur. Elle est fonctionnelle au quotidien, mais vit dans un état d’hypervigilance permanent. Les approches cognitives l’aident à comprendre ses mécanismes, mais pas à les apaiser.
Lors de la séance de Brainspotting, après avoir évoqué une sensation récurrente de gorge serrée et un cœur qui s’emballe, nous trouvons un “spot” précis à gauche de son champ visuel. À peine la fixation installée, des larmes montent, sans récit clair. “Je ne sais pas ce que c’est, mais c’est là depuis toujours”.
Le corps s’exprime : tremblements subtils, respiration modifiée, picotements dans les jambes. Sans revivre une scène précise, Marie sent quelque chose se dérouler de l’intérieur. Le lendemain, elle écrit : “C’est comme si j’avais défait un nœud invisible. Mon corps est plus calme.”
Au fil des séances, les crises s’espacent, puis cessent. Marie retrouve un sentiment de sécurité qu’elle croyait inaccessible.
Amir consulte pour des accès de colère violents. Il en souffre, surtout dans sa relation de couple. Il dit souvent : “Je me déteste quand je suis comme ça.”
En séance de Brainspotting, nous partons de cette sensation d’explosion intérieure, qui monte “comme une lave”. Son regard se fixe sur un point, presque malgré lui. Des souvenirs corporels émergent : être enfermé dans sa chambre enfant, les poings serrés, incapable de crier.
Progressivement, la colère se transforme en une immense tristesse. Son corps se détend, ses épaules tombent, il murmure : “C’était pas moi le problème…”
En quelques séances, Amir rapporte une meilleure régulation émotionnelle. Il se sent capable de faire une pause quand l’émotion monte. Et surtout, il dit : “Je ne me fais plus peur.”
Claire est venue en thérapie pour un épuisement profond après un burn-out. Elle dit se sentir “absente” à elle-même, sans joie, sans désir. Elle n’arrive plus à “se reconnecter”.
Avec le Brainspotting, nous partons de ce vide intérieur. Rapidement, une position oculaire réveille des sensations physiques : oppression thoracique, vertige léger. Puis des souvenirs diffus de son enfance émergent — des moments où elle devait être “sage, calme, invisible”. Ce que son corps a appris, c’est se dissocier pour survivre.
La séance est marquée par des mouvements spontanés du corps, des soupirs, une chaleur qui revient au centre. Elle dit : “Je sens que je reviens dans mon corps.”
Après quelques séances, Claire retrouve une énergie nouvelle, recommence à faire des choix pour elle. Elle confie : “Ce que j’ai contacté là, aucune parole ne me l’avait fait toucher.”
Jérôme est en couple, père de deux enfants. Il vient consulter après avoir hurlé sur son fils de 5 ans, à en perdre le contrôle. Il a eu peur de lui-même. “Je deviens fou”, dit-il. Il parle de colères explosives, suivies d’un effondrement de honte.
Nous partons en Brainspotting sur cette sensation de montée irrépressible dans la gorge. Dès que son regard se fixe, une tension extrême envahit son corps. Il tremble, serre les poings, reste figé. Des images floues surgissent : un père brutal, des injonctions à se taire, à ne pas pleurer. Il se revoit enfant, enfermé dans sa chambre, le cœur battant trop fort.
Dans cet espace sécurisé, sans jugement, il peut laisser le corps exprimer ce qui a été retenu trop longtemps. Le tremblement devient libérateur. Il dit ensuite : “Ce n’était pas de la colère, c’était de la terreur.”
Après plusieurs séances, il sent qu’il peut reconnaître les signes avant-coureurs, mettre en place des espaces de régulation. Il n’a plus peur d’être avec ses enfants. “Je ne suis plus pris en otage par mon passé.”
Elise consulte après des années de suivi psychologique. Elle connaît son histoire : abus sexuels entre 6 et 9 ans par un oncle. Mais malgré tout ce travail, elle se sent encore contaminée de l’intérieur. Elle parle d’un “poison silencieux” qui revient, surtout dans l’intimité.
Avec le Brainspotting, nous partons d’une sensation de saleté persistante dans le bas du ventre. Dès le repérage du “spot”, le corps parle sans mots : spasmes, souffle court, une main qui se crispe sans raison apparente.
Elle reste là, courageusement présente à ce qui remonte, avec des moments de dissociation, puis de retour. À la troisième séance, elle murmure : “Je crois que pour la première fois, c’est à lui que j’ai rendu ce que j’ai porté pour lui.”
Un processus de reconquête de son intégrité s’amorce. Elle reprend contact avec des sensations agréables, un sentiment de dignité, de réparation silencieuse. “Je peux enfin me sentir à moi.”
Sophie vient consulter pour des troubles anxieux et des insomnies chroniques. Très vite, elle confie qu’elle a été violée à 18 ans, mais dit : “C’est loin. Je n’y pense plus. Je vais bien.”
En réalité, elle se sent déconnectée de son corps, comme “gelée à l’intérieur”. Les thérapies verbales l’ont aidée à comprendre, mais pas à ressentir. Lors de la première séance de Brainspotting, nous partons d’une sensation de vide dans le ventre.
Quand son regard se fixe sur un certain point, le silence s’épaissit. Son corps devient immobile, son visage figé. “Je me sens comme enfermée dans une boîte.” Elle reste là, dans ce “non-mouvement”, sans forcer, accompagnée. Après quelques minutes, les larmes viennent, puis une chaleur dans la poitrine.
Au fil des séances, le gel se transforme en vie. Elle retrouve des sensations, des émotions, puis du désir. Elle dit : “Je ne pensais pas pouvoir un jour sentir de la douceur dans mon propre corps.”
Thomas a été placé en foyer à 10 ans. Il a grandi dans la violence. Il consulte suite à une altercation avec un collègue, où il a failli frapper. Il dit souvent : “J’ai du feu à l’intérieur. J’arrive pas à l’éteindre.”
En Brainspotting, nous partons de cette rage intérieure. Très vite, son regard trouve un point fixe, et il entre dans une torpeur tendue, comme s’il s’empêchait d’exploser. Des images de murs, de portes claquées, d’objets cassés émergent.
À travers les séances, le feu devient lisible : colère contre l’injustice, contre l’abandon, contre l’impuissance de l’enfance. Et derrière, une tristesse immense. Le corps s’assouplit. Il commence à dire : “J’ai le droit d’être en colère, mais je n’ai plus besoin de blesser.”
Il découvre des manières de poser des limites sans violence. Et surtout, il sent qu’il n’est plus prisonnier du passé.
Lina se réveille la nuit avec des crises d’angoisse violentes : cœur qui bat à toute vitesse, gorge nouée, sensation d’étouffement. Aucune cause identifiable. Elle dit : “C’est comme si quelque chose m’attaquait de l’intérieur pendant mon sommeil.”
En Brainspotting, nous partons de la sensation de gorge serrée au réveil. Très vite, une immobilité s’installe, le souffle devient court. Son regard reste fixé sur un point haut, et elle entre dans un état de tension extrême.
Des images de son enfance remontent : enfermée dans un placard comme punition. Le corps se souvient, avant l’esprit. Des tremblements surgissent. Puis viennent les larmes, un relâchement. Elle dit : “Je ne savais même pas que j’avais vécu ça.”
Au fil des séances, les réveils nocturnes diminuent. Lina dit qu’elle sent une présence intérieure plus solide, une capacité à accueillir ce qui monte, au lieu de le subir. “Je dors à nouveau. Et je me sens entière.”
Julien consulte pour une phobie très spécifique : les serpents. Impossible pour lui de voir une image, même dessinée, sans avoir une réaction physique violente. Il sait que c’est irrationnel, mais son corps “ne veut rien entendre”.
En Brainspotting, il choisit de partir d’une scène de film qui l’a marqué enfant. Le “spot” provoque une nausée immédiate. Il sent son estomac se nouer, ses mains devenir froides. Il reste là, sans chercher à fuir.
Progressivement, les sensations s’atténuent. Il ressent de la colère : “Pourquoi j’ai eu si peur ? Pourquoi personne ne m’a aidé à l’époque ?” Ce n’est plus la peur du serpent, mais le sentiment d’abandon qui émerge.
Après cinq séances, il parvient à regarder un documentaire animalier, sans réaction physique. “Je n’aime toujours pas ça, mais je ne panique plus. J’ai repris du pouvoir.”
Céline décrit un état d’angoisse flottante : “C’est là tout le temps. Un poids sur la poitrine, une tension dans le ventre. Comme si quelque chose allait mal, mais je ne sais pas quoi.”
En Brainspotting, elle choisit de partir de cette oppression thoracique. Le spot déclenche une série de micro-mouvements dans les mains, des images floues de lieux, de visages. Elle ne comprend pas tout, mais elle sent que “ça bouge”.
Une sensation de chaleur se diffuse dans la poitrine. Elle se met à pleurer sans tristesse. Juste un relâchement. Elle dit ensuite : “J’ai l’impression que mon corps respire pour la première fois depuis des années.”
Au bout de quelques séances, elle remarque qu’elle n’est plus envahie dès le matin. Elle peut faire des pauses, sentir ce qui est là, sans se dissoudre dedans.
Camille arrive en thérapie après des années d’errance thérapeutique. Elle parle d’un mal-être diffus, permanent, de difficultés relationnelles, d’un sentiment de honte qu’elle ne parvient pas à nommer. Elle évoque à demi-mot une enfance “compliquée”, avec un père autoritaire, des humiliations fréquentes, et une mère absente émotionnellement.
Elle dit souvent : « Je ne me souviens pas de grandes violences… mais je sais que j’ai grandi dans la peur. » Son corps, lui, se souvient.
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Lors d’une première séance de Brainspotting, nous partons d’une sensation qu’elle connaît bien : une boule dans la gorge dès qu’elle doit s’affirmer ou parler de ce qu’elle ressent. Après avoir identifié cette sensation, nous explorons le champ visuel jusqu’à trouver une position oculaire qui réveille quelque chose de très profond. Camille se fige. Son regard reste accroché, sa respiration devient discrète, tendue.“Je ne sais pas ce qui se passe, mais j’ai l’impression d’avoir 5 ans.”
Le corps entre dans un état de figement, typique des réponses traumatiques : elle sent ses bras lourds, ses jambes cotonneuses, son cœur qui bat plus fort. Elle reste là, accompagnée, sans forcer, dans ce temps suspendu où le système nerveux commence à retraiter ce qui n’a jamais pu l’être.
Peu à peu, des images diffuses émergent : un regard froid, une main qui serre trop fort, une voix cassante. Mais ce n’est pas tant le souvenir que l’émotion corporelle qui travaille. Des larmes silencieuses coulent. Elle ne raconte pas, elle sent.
Au fil des séances suivantes, des fragments de mémoire corporelle apparaissent, avec des sensations de peur, d’impuissance, de solitude. Et surtout, des tremblements, des soupirs, des micro-relâchements. Le corps commence à sortir du gel traumatique.
À la sixième séance, elle dit : « Pour la première fois, j’ai rêvé que je disais non. Que je pouvais partir. » Elle commence à ressentir un sentiment de puissance retrouvée.
Après plusieurs mois, Camille constate de profonds changements :
• Elle ose poser des limites dans ses relations.
• Elle sent que son corps lui appartient à nouveau.
• L’angoisse chronique a cédé la place à des moments de paix intérieure.
• Elle dit : « Je n’ai plus à me convaincre que je vais bien. Je le sens. »
Dans les cas de maltraitance infantile, le traumatisme est souvent encapsulé dans le corps, parfois sans souvenirs narratifs précis. Le Brainspotting permet de retrouver l’accès à ces mémoires implicites, sans revivre l’horreur, mais en permettant au système nerveux de se réguler, se réparer, et intégrer.
Clara consulte en disant : « J’ai l’impression d’être toujours en décalage dans mes relations. Soit je m’attache trop vite, soit je fuis au moindre accroc. Je me sens vide quand je suis seule, et étouffée quand je suis en couple. »
Elle a connu des relations instables, un sentiment chronique d’insécurité affective, et un conflit intérieur constant entre le besoin de lien et la peur d’être envahie ou abandonnée. Elle comprend bien ces mécanismes, mais n’arrive pas à les vivre autrement.
Nous partons d’une sensation qu’elle connaît bien : un nœud dans l’estomac lorsqu’un partenaire met de la distance. Elle évoque un message lu sans réponse. Dès que son regard se fixe sur un point précis à gauche, elle sent son corps se crisper.
« J’ai l’impression que je vais être abandonnée. Mon ventre se tord. »
Pendant plusieurs minutes, elle reste avec cette sensation. Des souvenirs d’enfance émergent : une mère souvent absente émotionnellement, un père colérique et imprévisible. Ce n’est pas tant les souvenirs qui importent ici, mais ce que son système nerveux traverse et décharge : l’attente, la vigilance, la peur d’être trop, pas assez.
Elle passe par des tremblements, des bâillements, une respiration plus profonde. Le corps se régule à mesure qu’il se sent vu, accueilli.
Après plusieurs séances :
• Clara dit ressentir moins de panique dans l’attente.
• Elle arrive à rester en lien sans se perdre.
• Elle ne se juge plus pour ses besoins.
• Elle se surprend à dire : « Je sens que je peux m’appuyer sur moi. »
Le Brainspotting lui a permis de revisiter ses fondations relationnelles, non pas par la pensée, mais par la sensation. Et c’est à partir du corps qu’une nouvelle sécurité s’est reconstruite.
Hugo consulte pour une dépression chronique. Il dit : « Je me lève sans envie. Tout est lourd. J’ai vu plusieurs psys, j’ai lu plein de bouquins, je sais ce que je vis… mais je ne ressens plus rien. »
Il décrit une fatigue existentielle, un vide intérieur profond, une incapacité à se projeter. Il n’a pas de souvenirs traumatiques précis, mais évoque une enfance très “fonctionnelle”, sans affection explicite, avec une exigence constante de performance.
Nous partons d’une sensation qu’il décrit comme “une pierre dans la poitrine”. À la recherche du spot, son regard s’arrête sur une zone basse. Il devient très silencieux. Le temps se ralentit.
Il dit ensuite : « C’est étrange… j’ai l’impression que quelque chose veut pleurer… mais ne peut pas. »
Le corps est dans un état de figement émotionnel. La séance ne déclenche ni souvenirs ni émotions spectaculaires, mais elle crée un espace de lente décongélation. Le lendemain, il m’écrit : « Je n’ai pas ressenti grand-chose, mais j’ai dormi profondément pour la première fois depuis des mois. »
Au fil des séances :
• Il commence à ressentir des micro-plaisirs (le goût d’un aliment, la douceur du vent).
• Il ose ralentir sans culpabilité.
• Il dit : « J’ai l’impression que quelque chose revient vivre en moi. »
Le Brainspotting a permis de traverser la chape de gel dépressif sans l’analyse, en passant par le corps. Ce n’était pas une question de volonté ou de connaissance intellectuelle, mais de réautoriser la vie à circuler.
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En résumé
• Le trouble de l’attachement se traite souvent dans la relation… mais le Brainspotting permet de reprogrammer à un niveau profond les traces de peur, d’insécurité, de confusion, dans un cadre sécurisé et sans surcharge émotionnelle.
• La dépression, surtout lorsqu’elle est ancienne ou résistante, peut être liée à un figement émotionnel profond que la parole n’atteint pas. Le Brainspotting crée une voie d’accès directe vers les ressources vitales restées bloquées.
Nicolas consulte en expliquant qu’il vit un enfer silencieux dès qu’il doit prendre la parole en groupe, rencontrer quelqu’un de nouveau, ou même répondre à une question simple lors d’un repas entre amis. Il rougit, transpire, son cœur s’emballe. Il anticipe tout, évite beaucoup, et s’en veut énormément.
Il ajoute :
« J’ai l’impression d’être une imposture ambulante. Même quand les gens sont bienveillants, je suis en alerte. J’ai peur de décevoir, d’être ridicule, de ne pas être “assez”. »
Lors d’une séance de Brainspotting, Nicolas choisit de partir d’une scène récente où il s’est senti humilié après avoir bredouillé pendant une réunion d’équipe. Il ressent une gêne brûlante dans le cou et les joues, son ventre est noué, ses mains moites.
Nous cherchons ensemble une position oculaire (le “spot”) qui active ce ressenti. Son regard s’arrête légèrement vers le bas, à gauche. Son corps réagit immédiatement : accélération du rythme cardiaque, sensation de vouloir fuir.
Il reste là, accompagné, sans qu’aucune parole ne soit nécessaire. Puis, lentement, des souvenirs d’enfance surgissent : un professeur qui se moquait de lui quand il répondait timidement, des camarades qui riaient. La honte. Le gel. L’impossibilité de se défendre.
Pendant plusieurs minutes, Nicolas traverse des vagues de chaleur, de tremblements, des images floues, une sensation de gorge serrée. À un moment, il dit simplement :
« J’avais oublié que c’était autant la peur… et la solitude. »
Son système nerveux relâche peu à peu la mémoire traumatique liée au regard humiliant, à la sidération, à l’exposition. Il ressent de la colère, puis une force intérieure émerge. Il dit : « Je vois le regard de ce prof aujourd’hui… et j’ai envie de lui dire d’aller se faire voir. »
Ce n’est pas une revanche intellectuelle. C’est le corps qui retrouve son intégrité.
Au fil des séances suivantes :
• Il se surprend à rester dans les discussions sans se juger.
• Il commence à prendre la parole dans des petits groupes sans panique.
• Il dit : « Mon corps ne croit plus que le regard de l’autre est une menace de mort. »
Il a même animé une réunion, tremblant au début, mais fier à la fin.
« Avant, j’aurais voulu disparaître. Maintenant, je peux être là, même quand j’ai peur. »
Dans la phobie sociale, le système nerveux réagit à des souvenirs implicites d’exposition douloureuse, de moquerie, de honte, souvent cristallisés dans le corps. Le Brainspotting permet d’accéder à ces réseaux traumatiques sans devoir les raconter ou les analyser, mais en leur permettant d’être vécus, libérés, puis intégrés, dans un cadre sûr.